Dépasser les bornes: Une scène bonus de Découvrir Lord Landry

A lire après avoir fini Découvrir Lord Landry.

Chapitre 1

Landry

Y avait-il une petite partie de moi qui se mettait exprès en danger ? Qui avait besoin de l’attention de Kenji et qui voulait provoquer une réaction de sa part ?

Peut-être.

Mais, dans ce cas, j’avais choisi le pire moment pour le faire. Quand le flic avait fermé les menottes sur Zane et moi à Philadelphie, Kenji avait été à des centaines de kilomètres à Boca Raton pour rendre visite à sa grand-mère, ce qui avait signifié que c’était Bash qui était venu payer notre caution.

Et Sebastian Dayne n’était pas un homme à mettre en colère. Surtout quand il était au milieu d’une sorte de festival du sexe bizarre avec le minable qui lui avait menti sur le fait d’être Sterling Chase au gala de la coalition pour les enfants.

Même si ça n’était pas à moi de parler de mensonges. J’étais le pire des faux jetons.

Je mentais à mes meilleurs amis depuis des années, depuis le début. Construire des relations avec mes quatre amis les plus proches sur des mensonges était comme créer le plus incroyable gratte-ciel en LEGO sur des fondations en cure-dents. J’attendais chaque jour que quelque chose le renverse. Et peut-être… peut-être que je l’espérais secrètement.

Équilibrer mes deux vies était épuisant et m’isolait. En tant que Landry, top model professionnel, mon image était littéralement affichée partout. Sur les bus, sur des panneaux, sur les pages d’accueil de sites internet et sur le fil des réseaux sociaux de tout le monde. Même si je n’avais pas cherché une carrière dans le mannequinat et, assez franchement, la plupart des gens ne le cherchaient pas, elle m’avait trouvé. Au début, accepter des contrats de mannequin était comme jouer à un jeu dangereux. Comme narguer la presse britannique en agitant un de leurs pairs bien aimés juste devant leurs nez, dissimulé par un sort d’invisibilité.

Mais jouer à un jeu dangereux peut devenir épuisant, surtout quand les enjeux augmentent d’année en année. Les contrats devenaient plus médiatiques alors que les copains de mon père commençaient à remarquer qu’ils n’avaient pas vu l’héritier Davencourt depuis des années.

J’étais fatigué. Et seul. Et le seul homme qui semblait avoir fait une impression sur moi, l’homme le plus beau, le plus compétent et le plus capable que j’avais rencontré, pensait que j’étais de la poussière sous ses chaussures. Au mieux, j’étais un point sur une liste de choses à faire qu’il devait cocher sur sa perpétuelle tablette. Au pire, j’étais un enfant à problème, un casse-couilles. Un play-boy peu fiable qui n’était pas digne de son temps, encore moins de son respect.

Et, cette fois-ci, j’avais à nouveau prouvé qu’il avait raison.

J’avais entendu sa voix en colère à l’autre bout du fil quand Bash avait appelé pour organiser notre caution. Cela aurait dû me faire me sentir réprimandé et coupable.

Mais non. À la place, cela m’avait fait me sentir excité et prêt à tout. C’était une étrange sorte de démangeaison, comme vouloir être puni sans l’être. C’était plus comme si… je voulais une excuse pour le punir, lui. De ne pas réussir à voir le vrai moi sous les mensonges. De ne pas me donner le bénéfice du doute. De ne pas se rendre compte que j’avais fait ce que j’avais fait à Philadelphie pour empêcher la carrière de Zane de devenir incontrôlable.

Alors, quand Kenji Toma était venu directement à mon penthouse depuis l’aéroport pour me secouer les prunes, les prunes n’étaient pas la seule chose que je voulais qu’il secoue.

Son poing martela la porte. Je m’attendais à un Kenji guindé et posé de l’autre côté de la porte, mais cela ne fut pas ce que j’eus.

Ses cheveux étaient défaits bien qu’ils soient retenus dans un chignon désordonné. Sa chemise était fripée et à moitié sortie, et sa besace, passée autour de sa poitrine, était ouverte à cause d’une fermeture éclair cassée. Quand il me vit, il écarquilla comiquement les yeux comme s’il était un peu surpris de découvrir où j’avais atterri.

« Qu’est… ? » commençai-je en essayant de décider entre lui demander par quel trou il était passé à l’envers ou s’il avait été agressé en venant là.

Il cligna des yeux et fronça les sourcils avant de me dépasser en me poussant. « Ferme-la et sors de mon chemin. J’entre et tu vas m’écouter. »

Je fermai la porte derrière lui et me tournai pour le suivre. « On dirait que tu as été molesté, dis-je aussi paresseusement que possible en essayant de cacher mon excitation devant son magnifique visage.

— J’ai été spirituellement molesté, cracha-t-il par-dessus son épaule. J’ai été professionnellement molesté. On pourrait même dire que mes yeux sont maintenant molestés, sérieusement, tu portes quoi, là ? »

Au lieu de baisser les yeux sur le kilt en tartan que mon agent avait envoyé avec une récente proposition de contrat, je regardai les yeux noirs de Kenji le dévorer. Ils remontèrent rapidement sur mon ventre et mon torse nus en revenant sur mon ventre avant de remonter à nouveau. Quand ses yeux croisèrent les miens, ils étaient un peu plus vitreux que d’habitude. 

« Ça te plaît ? » demandai-je.

Son froncement de sourcil devint un air franchement renfrogné. « Non, bien sûr que non, ne sois pas ridicule. Je me demandais simplement pourquoi tu te promènes à moitié nu dans un putain de kilt un putain de dimanche soir, mais je me suis rappelé que tu es complètement dingue et que tu fais ce que tu veux, y compris faire arrêter Zane à Philadelphie, putain. »

Je croisai les bras sur ma poitrine et levai un sourcil pendant qu’il continuait à fulminer au milieu de mon salon. Kenji Toma ne sortait pas de ses gonds. En fait, Kenji était toujours le plus dans ses gonds de nous tous. Il nous empêchait de sortir même un peu de nos gonds.

Mais, à ce moment-là, ses gonds explosaient comme les tuiles isolantes pendant le retour dans l’atmosphère d’une navette spatiale.

« Ce gamin est aussi blanc que la putain de neige. Il jetterait plutôt sa grand-mère dans une prison de très haute sécurité pour hommes au sud de la Géorgie plutôt que d’être impliqué dans la dégradation alcoolisée d’un bien. Je ne sais pas ce que tu as fait après ce concert pour le convaincre qu’il devait…

— Tu as fini ? demandai-je en le coupant, mais en ayant délibérément l’air de m’ennuyer autant que possible pour le provoquer. Parce que j’attends quelqu’un pour une baise rapide. »

C’était un mensonge. Le seul rendez-vous que j’avais ce soir-là était avec une longue douche chaude et un mémo fiscal compliqué pour les avocats de ma famille. Mais il était incroyablement marrant d’agacer Kenji.

Ses paupières se retournèrent presque et ses joues rougirent. « Évidemment. Parce que Dieu te garde de passer un seul putain de jour sans baiser un putain de… »

Je ne l’avais jamais entendu dire autant de grossièretés en même temps et j’avais du mal à serrer les dents pour m’empêcher de rire. Il était beau, brillant et cinquante mille fois plus sexy quand il était ivre de colère. C’était une bonne chose que cet homme ne m’envisage jamais pour une relation de quelque sorte parce que je l’aurais très probablement encouragé délibérément pour voir son visage devenir rose comme cela.

« Attends, dit-il en s’interrompant. Je n’ai pas d’accord de confidentialité pour une nouvelle personne. Qui va arriver ? Si c’est ce Patrick, ravise-toi. Il a été arrêté pour une accusation de vol d’identité. Et, si c’est Malcolm, c’est non aussi. Il est putain de louche et je ne lui fais pas confiance. »

Je regardai la main qu’il tenait sur sa jambe. Son pouce tapotait rythmiquement le coussinet de son majeur, ce qui était quelque chose qu’il ne faisait que lorsqu’il était très fatigué et limite bouleversé.

« Tu ne connais pas Malcolm. Il n’est pas louche. Il est… différent. »

Kenji plissa les yeux. « Différent comme actuellement devant la sortie des artistes sur Broadway en attendant que son béguin sorte dans l’espoir… »

Je le coupai avec un rire. « Comment tu fais pour en savoir autant sur ce type ? Tout ce que je sais, c’est qu’il fait des sons bizarres quand il…

— Stop, cria Kenji en levant la main. Putain. Stop. Je ne veux pas entendre parler de sons bizarres. Beurk. Garde tes habitudes sexuelles pour toi. Et je le sais parce qu’on enquête sur tout le monde avant de donner le feu vert à tes frasques. Et je n’ai donné le feu vert à rien pour toi ce soir. » Il déglutit. « Alors pas de frasques sexuelles. »

Ses joues étaient encore adorablement roses.

Je m’approchai, ce qui sembla le troubler. « J’ai besoin de frasques sexuelles, Kenji. »

Ses joues se contractèrent quand il serra les dents. « Tant pis. Apprends la retenue. Tu as peut-être besoin d’être déçu de temps en temps. »

Je m’approchai encore. Son odeur remplit mes narines. Le mélange familier du gel douche de Kenji avec de faibles traces d’avion et de sueur. Étais-je fou de trouver cela irrésistible ?

« T-tu fais quoi ? » demanda-t-il en tournant la tête vers moi alors que je me mettais juste à côté de lui. Ses cils frôlèrent le haut de ses joues.

« Je prends mon téléphone, dis-je en passant la main devant lui vers l’étagère où je l’avais laissé. Si je ne peux pas avoir Patrick ni Malcolm, je dois trouver une nouvelle personne. »

Kenji leva la main vers le téléphone en s’appuyant accidentellement contre mon dos nu alors que je levais le bras pour le mettre hors d’atteinte. « Tu n’appelles pas de nouvelle personne sans accord de confidentialité et je ne vais pas faire tout le processus pour approuver une nouvelle personne ce soir. Alors, oublie. »

Je me retournai en restant proche de lui pour que sa poitrine frôle la mienne pendant qu’il continuait à essayer d’attraper mon téléphone. « Attention, Kenji. Tous ces frottements contre moi rendent la situation encore plus pressante », le taquinai-je.

Ses yeux devinrent immenses et il sauta loin de moi en trébuchant presque sur la console. La gêne se transforma rapidement en colère.

« Tu es une putain de petite merde, aboya-t-il. Grandis un peu, Landry. Zane mérite mieux que d’être poussé par la ruse à violer la loi. Il s’est cassé le cul pour sa carrière, ce que tu ne peux pas comprendre, et une seule mauvaise décision…

— Et je ne me suis pas cassé le cul ? demandai-je en perdant le reste d’apparence de calme que j’avais essayé de protéger. Tu te fous de moi ? »

Il agita une main dédaigneuse en l’air. « Ne bouge pas, sois beau. Ça peut pas être si dur, si ? »

Je fermai les yeux. Si je ne pouvais pas le voir, je n’allais peut-être pas lui donner un coup de poing accidentel sur son beau visage.

« Si tu le penses vraiment, je veux que tu sortes de mon appartement », dis-je d’une voix rauque et pleine de graviers. J’étais usé par le tournage de dix jours que j’avais fait avant de retrouver Zane à Philadelphie et j’étais encore plus épuisé de m’être réveillé tôt pour passer un appel à mon père afin de passer en revue une erreur qu’il avait trouvée dans le rapport financier que j’avais rédigé. Être accusé de ne pas travailler dur me restait foutrement en travers de la gorge.

Kenji me lança un regard noir. « Je ne pars pas avant que tu promettes de ne pas te trouver un inconnu pour te sucer la bite.

— Je me trouverai qui je veux pour me sucer la bite. Et, à moins que tu ne le fasses, je te suggère de partir avant que cette personne arrive. » Je fis semblant d’envoyer un message à quelqu’un.

« Tu es prêt à baiser n’importe qui ? »

Je fis bien exprès de le regarder de haut en bas en faisant semblant de ne pas être impressionné par ce que je voyais. « Pas n’importe qui. J’ai des exigences. »

Ses sourcils se soulevèrent. « Tu aurais de la chance de me baiser, trou du cul.

— Mpfh. »

Le couinement de Kenji fut satisfaisant. « Je pourrais faire jouir ton minable trou du cul désespéré en deux minutes. »

Je soupirai et regardai mes ongles. « Bien sûr, bébé. Bien sûr. »

Sa mâchoire se serra et ses narines se dilatèrent avant qu’il montre le fauteuil face à la baie vitrée de mon salon. « Assieds-toi, putain. Si je te fais jouir en moins de quatre-vingt-dix secondes, tu promets de lâcher tes foutus plans cul avec des inconnus pendant un mois et de me lâcher avec ces conneries. » Ses yeux flamboyaient. « Lance un putain de chronomètre sur ton putain de stupide téléphone. »

Mon cœur battit la chamade. Était-il sérieux ? Je n’étais pas prêt à risquer de passer à côté s’il l’était. Mon cul se posa sur le fauteuil en quelques microsecondes pendant que mon ego faisait de son mieux pour ériger une ligne de défense. « Tu as une grande gueule, Toma. Quand est-ce que tu as vu un pénis pour la dernière fois ? Ça doit faire un bail. Pas sûr qu’il y en ait beaucoup dans la salle de repos du bureau. »

Il passa devant moi et s’agenouilla en faisant s’éveiller si rapidement ma queue à moitié dure que ce fut limite douloureux. « De toute évidence, tu n’as jamais rencontré Ravi du service juridique », dit-il en remontant le tissu du kilt sur mes cuisses comme si cela faisait partie de ses attributions. Les poils de mes jambes picotèrent à son contact et l’air dans mes poumons devint lent et épais.

L’avocat de Sterling Chase dont il avait parlé était un homme séduisant, courtisé au bureau par les hommes et les femmes. « Menteur, dis-je entre mes dents. Dis-moi que tu n’as pas baisé cet homme.

— Ça n’est pas moi qui ai baisé », dit-il en croisant mon regard et en levant un sourcil.

J’inspirai en imaginant la silhouette svelte de Kenji tringlée dans notre salle de repos par Ravi Kateel, un homme qui pouvait littéralement me donner du fil à retordre dans tout contrat de mannequinat. Même si l’image était sexy, elle brûlait comme la jalousie. « Tu essaies de gagner ce pari en me faisant perdre mon érection ? »

Quand les doigts de Kenji remontèrent doucement sur mes cuisses et se rendirent compte que je ne portais rien sous le kilt, ses yeux se réchauffèrent. « Sale pute, dit-il, le coin de ses lèvres remontant, très probablement contre son gré. Qu’est-ce que tu pouvais bien faire seul avec seulement un kilt ? »

J’essayai de ne pas laisser la vue sexy de lui à genou pour moi me monter à la tête. Ce qui fonctionna en tout deux secondes avant qu’il frôle mon scrotum avec ses doigts. « Travail, répondis-je en m’exclamant. Putain. »

Super. Maintenant, j’en étais à n’utiliser que des mots uniques. 

Ses lèvres remontèrent encore plus. « Devrions-nous passer le pari à trente secondes ?

— Ça fait déjà dix minutes, dis-je en luttant pour respirer. Vraiment chiant. »

Le son de son gloussement bas fit se serrer mon scrotum. Les yeux de Kenji passèrent des miens au travail devant lui. Il donna une chiquenaude au tissu en révélant ma violente érection, le tout avec une perle de liquide séminal au bout.

Il fit un son entendu dans sa gorge. « Les corps ne mentent pas, Landry. Et le tien veut que je te suce la queue. »

Mon ventre se serra quand je jouis presque au son de ses paroles. « P-pas exact, dis-je d’une voix étranglée. J’veux simplement que quelqu’un la suce. »

C’était un mensonge. Il n’y avait personne d’autre sur Terre qui m’aurait rendu aussi dur aussi vite ce soir-là. Personne d’autre qui aurait pu me faire scander silencieusement des supplications gênantes dans ma tête.

Kenji pencha la tête sur le côté et plissa les lèvres. « Tu veux que je parte ? Que je t’envoie le premier connard que je trouverai dans la rue.

— Suce ma queue. »

Et ce fut là que je vis son premier tic.

Les lèvres de Kenji s’ouvrirent et le bout de sa langue sortit pour passer le long de sa lèvre inférieure. Ses joues restèrent rouges et sa poitrine se souleva sous sa propre impatience.

« Tu la veux, murmurai-je en essayant de cacher ma surprise. Prends-la. »

Pour la première fois après toutes ces années depuis que nous nous connaissions, il ne répliqua pas. À la place, il se pencha et mit sa magnifique bouche sur moi. Sa langue s’enroula autour de mon gland et le baigna d’une chaleur humide avant de prendre mon mât dans sa bouche.

Je cirai et penchai la tête en arrière tout en inspirant, en tremblant, alors que de la lumière statique pétillait dans ma tête. La chaleur de sa bouche, sa langue humide et l’aspiration de sa gorge firent sonner et hurler des sirènes.

Mes ongles raclèrent le tissu des accoudoirs du fauteuil alors que je me battais avec moi-même pour ne pas prendre sa tête et passer mes doigts dans ses cheveux.

« Putain, murmurai-je en me foutant complètent d’avoir l’air soudain désespéré. Comme ça. Ne t’arrête pas. »

Il tint la base de mon mât d’une main et prit tendrement mes couilles de l’autre. Il était clair que cet homme savait ce qu’il faisait parce que j’étais sur le fil du rasoir, j’allais jouir en quelques secondes.

« Kenji, putain ! »

Il travailla ma queue et mes couilles avec la même détermination acharnée qu’il montrait au travail. Si j’avais eu toute ma tête, j’aurais peut-être été blessé par cela. Mais il était impossible de ressentir autre chose que de la béatitude pure avec sa bouche et ses mains sur moi.

Kenji Toma était à genoux pour moi. Je me fichai que ce soit par rancune et colère. Je me fichai qu’il pense que j’étais un play-boy fainéant et bon à rien. Tout ce qui m’importait était de jouir sous ses doigts.

À la minute où il frôla mon trou avec un doigt, je fus fini. Les feux d’artifice statiques dans ma tête explosèrent comme un Nouvel An sous stéroïdes quand mon soulagement me percuta.

Il me fallut une minute pour me rendre compte que Kenji avait lâché mes noix pour écraser un doigt sur l’écran de mon téléphone.

Je le dévisageai alors qu’il retirait ma queue et s’essuyait la bouche avec le dos de sa main. Ses cheveux étaient encore plus en désordre maintenant. Des mèches sexy encadraient son visage et frôlaient son cou. Ses joues, son nez et son menton étaient rouges et ses yeux vitreux, mais aussi triomphalement suffisants.

« Cinquante-sept seconde, dit-il, la voix rauque après la pipe rapide et salace. Probablement une sorte de record mondial. »

Il se leva et étira son cou d’avant en arrière avant de redresser les épaules. « Un mois, pas de plan cul avec des inconnus. »

Puis il se tourna et marcha vers la porte d’entrée du penthouse.

Je le regardai partir, sous le choc, en admettant silencieusement qu’un mois sans plans cul avec des inconnus serait facile. Après cette expérience, être avec tout autre homme serait une déception significative.

« Tu n’as jamais dit pas de plans cul avec toi, lançai-je en ne plaisantant qu’à moitié.

— Dans tes putains de rêves, Landry. C’était un marché unique. »

Chapitre 2

Kenji

Pour ma défense, j’avais traversé un désert anormalement long. Un Sahara aux proportions astronomiques. Et Landry Davis avait porté un putain de kilt.

Je fermai les yeux et essayai de prendre une inspiration pour me recentrer.

Cela faisait trois semaines que j’avais sucé Landry. Trois semaines à me rappeler le poids de sa queue sur ma langue, l’odeur propre et boisée de sa peau dans mon nez et le son de son gémissement étouffé dans mes oreilles.

Trois semaines à ne pas devoir gérer l’organisation d’accords de confidentialité à la dernière minute pour ses plans cul de salope.

Trois semaines à me demander comment il gérait sans ses plans cul de salope.

« Enlève ton putain de cul de mon bureau », grondai-je. Les respirations étaient inutiles pour me recentrer.

Landry soupira et posa un bocal en verre rempli d’ours gélifiés sur mon bureau. « La seule autre chaise ici est recouverte de dossiers.

— Elles sont recouvertes de quelque chose qu’on appelle des découvertes, rectifiai-je. Des preuves. Dans une affaire criminelle. Dans laquelle tu es un des accusés. »

Il agita dédaigneusement la main vers la pile d’informations que l’avocat avait envoyées, avec une requête véhémente pour pousser Landry et Zane à demander une inculpation moins lourde. « Personne n’a affirmé qu’on ne l’a pas fait. »

Je fermai les yeux et frottai l’arête de mon nez. « Tu peux ne rien dire de plus à voix haute sur l’affaire, s’il te plaît ? À moi ni à quiconque.

— Avec toi, on dirait qu’on est des tueurs en série. C’était un désordre à l’ordre public sous l’influence de l’alcool.

— C’était plus que ça. Je ne vais pas répéter la liste des inculpations. Tu vas faire exactement ce que dit l’avocat, tu comprends ? »

Les lèvres de Landry se plissèrent quand il prit mon ordre en considération. « Et qu’est-ce que j’ai en retour si j’accepte d’arrêter de me battre pour un acquittement ?

— Tu ne vas pas avoir d’acquittement parce qu’il ne va pas y avoir de procès. »

Il enroula une mèche de cheveux autour d’un doigt. « Je suis trop beau pour être déclaré coupable par un juré de mes pairs. Et Zane aussi, d’ailleurs. Je pense qu’on devrait le tenter. »

Nous savions tous les deux qu’il le faisait exprès pour me rendre furieux, mais nous savions aussi que cela fonctionnait.

« Tu n’es pas aussi beau que tu le penses, marmonnai-je en faisant tourner ma chaise afin de faire face à mon ordinateur dans l’espoir de trouver une tâche assez sérieuse pour m’empêcher de prêter plus attention à Landry Davis. Maintenant, va-t’en. »

J’essayai de ne pas remarquer le cœur faisant un sprint dans ma poitrine, mais cela ne fit qu’empirer quand il se leva et erra derrière moi en se penchant pour regarder l’écran de mon ordinateur. Ses cheveux frôlèrent mon visage quand il se rapprocha encore. Il était inutile de respirer quand il était aussi proche. J’allais seulement inspirer son odeur malheureusement enivrante et le regretter.

Mieux valait simplement… ne pas respirer.

« Tu ne penses pas que je suis beau, Kenji ? murmura-t-il d’une voix basse et sensuelle qui fit soudain rétrécir ma peau d’une taille.

— Pfft. »

Maintenant, j’avais encore moins d’oxygène à utiliser.

« Pft », répétai-je avec le reste et maintenant, je ne pouvais pas respirer.

Heureusement, il s’éloigna et revint de l’autre côté de mon bureau. J’inspirai furtivement aussi peu théâtralement que possible.

« Je veux que tu me réserves un dépistage d’IST, dit-il en me coupant le souffle.

— Tu quoi ? » Ma tête tourna. « Tu viens d’être dépisté. Je veux dire, juste avant… juste avant… quelques jours avant…

— Oui. Et puis, toi et moi…

— Zzzt ! » aboyai-je en levant la main.

Il sourit. « Et puis j’ai couché avec un parfait inconnu dans mon appartement un soir alors que je portais un kilt, continua-t-il. Et, maintenant, je dois me refaire dépister. Pour ce que j’en sais, il était porteur de quelque chose. M’a dit qu’il avait couché au bureau, pour l’amour de Dieu.

— Il n’était pas porteur de quelque chose », sifflai-je, même si je savais qu’il ne disait cela que pour me taper sur les nerfs.

Landry haussa les épaules qui soulevèrent ses cheveux blonds d’un côté et les laissèrent retomber dans une perfection ondulée de l’autre. « Quoi qu’il en soit, s’il te plaît, trouve-moi un rendez-vous. D’après le calendrier, je suis libre de rebaiser dimanche. Alors, j’ai des projets. J’veux m’assurer d’avoir un bilan de santé parfait pour tous les ennuis que je vais me causer. » Il frotta ses mains l’une contre l’autre. Comme un dément.

« La clinique est fermée pour rénovations », dis-je en tapant n’importe quoi sur mon clavier.

Il plissa le visage. « Trouve un autre endroit. On en trouve à la pelle. »

Je secouai la tête. « Trop cher et incertain. Je te prendrai un rendez-vous pour leur jour de réouverture, simplement… simplement, prends conscience que ça va probablement prendre un peu de temps. Tu connais les rénovations. »

Avais-je l’air aussi minable que je le ressentais ? Sûrement pas.

Et pourquoi m’en souciais-je ? Oui, j’étais forcé de courir après des accords de confidentialité et de faire des vérifications basiques du passif de ses plans cul, mais j’en avais l’habitude à ce stade. Alors, quel pouvait bien être mon problème ?

C’était le principe. Il ne devrait pas…

Je soupirai. Cet homme était libre d’avoir des relations sexuelles avec autant de personnes qu’il le voulait. Cela n’était pas à moi de lui faire la morale. Et, si cela avait été quelqu’un d’autre, cela ne m’aurait pas autant énervé.

Mais c’était Landry. Et il ne prenait rien au sérieux.

Et avais-je parlé du Sahara ? Une seule minuscule gorgée n’avait pas été suffisante pour étancher un désert entier.

Landry renifla. « D’accord, mais, alors, je vais devoir appeler quelqu’un qui est déjà sur ma liste de personnes approuvées.

— Pas possible, insistai-je. On a déjà discuté de ça. Je vais te trouver un lieu de dépistage, simplement… contrôle ta putain de libido jusque-là, d’accord ? Doux Jésus. Maintenant, fous le camp. »

Ce dont j’avais besoin était de quelqu’un d’autre. Quelqu’un avec une bite magique qui pourrait m’aider à sortir de mon désert.

Je pris le téléphone pour appeler Ravi au service juridique. Même si je n’avais jamais vraiment couché avec lui, surtout parce qu’il était hétéro, Ravi avait dit qu’il voulait me brancher avec son frère, que j’avais rencontré en passant pendant un after work un soir quelques mois auparavant.

Il ne fallut pas longtemps pour organiser le rendez-vous. Un verre après le travail le vendredi était parfait. Si la conversation était bonne, nous pourrions essayer un dîner. Si elle ne l’était pas, avec un peu de chance, nous pourrions passer directement au dessert. De toute façon, je devais faire sortir Landry de ma tête et son goût de ma bouche.

* * *

« On va trop vite, demanda Nik avec un froncement de sourcils perplexe. Parce que, si tu n’es pas partant, je…

— Non, non », l’assurai-je en passant mon poids sur le dossier du canapé, où mon cul était posé. Les bras de Nik m’encadraient en apportant l’odeur d’un parfum à la vanille que je n’aimais pas. Cela allait. Cela n’était simplement pas…

« Kenji, ouvre la putain de porte, lança la voix en colère de Landry par la porte de mon appartement alors que son poing martelait le bois. Je suis allé à cette clinique où tu m’as envoyé et c’était un restaurant de nouilles, pour l’amour de Dieu. »

Nik recula en sautant et se tourna vers la porte. « C’est qui, ça ?

— Un vaurien, dis-je entre mes dents. Un trou du cul, un casse-couilles.

— On devrait pas appeler la police ? demanda Nik en s’écartant déjà au cas où le monstre déchaîné frappant la porte réussirait à entrer.

— Non, ça va. Mais tu devrais probablement partir. Désolé. » Je lui fis un petit sourire, secrètement heureux d’avoir un moment pour réévaluer si j’avais prévu de coucher avec lui, parce que je le voulais ou simplement parce que je voulais blesser Landry.

Je déverrouillai la porte et l’ouvris en grand si vite que Landry tomba dans l’appartement. Dès qu’il vit que je n’étais pas seul, il sembla grandir et devenir légèrement menaçant. Ce qui était impressionnant pour quelqu’un d’aussi ridicule que Landry. 

« Qui êtes-vous ? gronda-t-il. Et pourquoi vous ressemblez à un de mes avocats ? »

Nik ne lui prêta pas attention et passa devant moi en posant un long baiser à côté de ma bouche avant de murmurer son envie de nous retrouver bientôt.

Dès qu’il fut parti et que la porte de l’appartement fut fermée, je me retrouvai à nouveau poussé contre le dossier du canapé, seulement, cette fois-ci, c’était les bras de Landry qui m’encadraient et son odeur propre et boisée qui volait vers moi. « Merde, Kenji, tu ne peux pas baiser si je ne peux pas baiser. »

J’essayai de me redresser, mais il était trop proche. « Si je veux être baisé dans mon propre appartement un vendredi soir, c’est mon putain de droit. »

Landry eut l’air assez en colère pour péter les plombs. « Ouais. Tu veux être baisé ce soir, Kenji ? Hein ? Parce qu’on dirait que ta meilleure chance vient de passer la porte. »

Je le regardai avec autant de moquerie que je pus rassembler. « Ça va. Ma meilleure chance est encore ici et on le sait tous les deux. Tout ce que je dois faire, c’est faire un signe du doigt et tu… »

Landry me retourna et me poussa sur le dossier du canapé en s’appuyant contre mon cul et mon dos comme une couverture lestée. Ses lèvres chaudes frôlèrent mon oreille et ses mains musclées tinrent doucement, mais fermement mes poignets devant moi. « Je ferai ça ? » ronronna-t-il.

La crête dure de sa queue appuyait sur la couture de mon pantalon alors qu’il commençait à me taquiner avec toutes les choses qu’il pourrait me faire si seulement je le voulais.

« Tu crois que cet homme toucherait le bon endroit en toi, hmm ? Tu crois qu’il saurait qu’au fond de toi, tu veux que quelqu’un s’occupe de toi juste un peu jusqu’à ce que tu sois mou, épuisé et à bout de souffle dans une flaque bien baisée de ton propre foutre ? »

Ma respiration était irrégulière et rude, probablement à cause de la position bizarre. Le dos du canapé plongeait dans mes côtes et Landry était foutrement lourd.

Alors, pourquoi est-ce si foutrement bon ?

« Lan… » Ma voix sortit faible et haut perchée. Je fermai les yeux avec honte. 

« J’ai une idée, dit-il doucement, sa voix comme un sirop tentant, lente et sucrée. Laisse-moi te prendre, Kenji. Dis-moi que je peux te déshabiller et te baiser simplement pour te montrer que j’ai raison. Sois avec Machin demain, très bien. Mais, au moins, tu sauras ce que tu rates.

— Difficilement, réussis-je à prononcer. Un peu arrogant, non ?

— Hein, hein. » Il gloussa. « Arrogant passque j’ai raison. Et la seule façon de le savoir, c’est de me laisser faire. »

Il déplaça mes poignets jusqu’à ce qu’ils soient tous les deux dans une de ses grandes mains, puis il monta sa main libre vers le premier bouton de ma chemise. 

Mais il ne le défit pas.

L’air autour de nous était épais et impatient, chaud d’une chaleur estivale et de plus de tension sexuelle que mon petit appartement avait déjà vue.

« Tu vas te faire honte », dis-je en essayant d’avoir l’air plus fort que je l’étais. Parce que nous savions déjà tous les deux que j’étais déjà trop atteint pour dire non. Mon cul avait déjà reculé vers sa queue. Ma gorge avait déjà fait des sons humiliants d’abandon.

Mon pouls était déjà faible et évident sous la peau de mon cou où son nez était posé.

« Landry, soufflai-je.

— Oui, bébé ? »

Je fermai les yeux et serrai les dents contre le petit nom provocant. « Ça ne veut rien dire.

— Très bien, dit-il, son sourire entendu évident dans sa voix. Bien sûr que non.

— Et on ne va pas s’embrasser, ajoutai-je par pur désespoir pour garder une apparence de contrôle. Sur la bouche.

— C’est ridicule, dit-il avec un rire qui ne rendit ma bite que plus dure et mon cul plus vide. Quelqu’un a regardé trop souvent Pretty Woman. »

Pourtant, Julia Robert avait été sur la bonne piste. Sauf que… eh bien, Vivian Ward et moi n’allions certainement pas finir mariés à des hommes riches et beaux. Cette merde n’arrivait que dans les films.

« Promets-le-moi. »

Il hésita. « Seulement si tu me promets de venir me voir si tu veux une baise rapide au lieu de cette putain de merde d’appli de rencontre comme ce soir.

— Très bien, dis-je entre mes dents.

— Dis-le, Kenji. Dis : “Je le promets.”

— Très bien », répétai-je, impatient que la conversation se termine.

Il me retourna jusqu’à ce que je sois contre lui avec un de ses bras passés dans mon dos et me tenant fermement. Sa main libre saisit mon menton. « Dis-le. »

C’était si tenant. Si tentant de faire ce qu’il disait et de le laisser prendre complètement le contrôle.

À la place, je le repoussai et m’éloignai en me tournant vers la chambre. Juste avant d’atteindre la porte, je me retournai vers lui.